Par : Dr Andrew Padmos

Selon un nouveau billet rédigé par Geneviève Moineau, présidente et directrice générale de l’AFMC, le système de formation médicale canadien devrait réduire le nombre de voies d’accès pour faciliter le choix de carrière des étudiants en médecine qui, notamment, ne sont pas suffisamment exposés à toutes les disciplines médicales offertes.

Il est vrai que nous devons aider les futurs médecins canadiens à faire les meilleurs choix possibles. Cependant, je ne crois pas que les meilleures solutions aux problèmes complexes soient simples.

Si nous réduisons le nombre actuel de voies d’accès, nous ne ferons que retarder le choix des étudiants au lieu de remédier aux problèmes susmentionnés. Les 29 spécialités dont il est question dans le billet de la Dre Moineau ont été considérées avec soin par des spécialistes et des directeurs de programme de résidence des écoles de médecine canadiennes. Ces voies d’accès témoignent de la diversité des besoins en santé de la société.

La Dre Moineau affirme que 70 % des étudiants estiment ne pas avoir été exposés à toutes les disciplines avant de faire leur choix. Ce chiffre diffère radicalement de celui obtenu auprès des diplômés en médecine qui affirment être satisfaits ou très satisfaits de l’information qu’ils ont reçue concernant les spécialités, soit 67,8 %. (Source : Questionnaire à l’intention des diplômés (QD) de l’AFMC, 2017). Aussi, le Sondage national des médecins 2012 auprès des étudiants en médecine révèle que 80,8 % des étudiants en quatrième année de médecine affirment que leur programme d’éducation médicale les a préparés (ou les préparera) à choisir un programme de résidence. Différentes études présentent différents résultats, mais il ne faut pas oublier que nous devons aider les étudiants en médecine à faire des choix éclairés pour leur bien-être et, surtout, dans l’intérêt des Canadiens.

La clé du problème se trouve peut-être dans la formation prédoctorale et non dans le choix limité des voies d’accès. Peut-être devons-nous plutôt revoir la formation médicale prédoctorale :

  • Comment pourrions-nous faire en sorte que les étudiants en médecine bénéficient d’une exposition suffisante en dehors des stages?
  • Pouvons-nous trouver ensemble des formules novatrices, par exemple, en invitant des médecins de différentes spécialités en classe ou en améliorant les services d’orientation professionnelle afin de démystifier des spécialités moins connues?
  • Pouvons-nous trouver des façons d’améliorer le processus actuel de stages optionnels pour remédier à la situation?

Ce qu’il faut retenir, c’est que le nombre de places en résidence diminue déjà au Canada; le choix sera encore plus limité si le ratio d’étudiants des premier et deuxième cycles se resserre. Les nouvelles technologies, les forces du marché et les nouveaux facteurs démographiques entraîneront des défis importants dans l’équilibre des besoins professionnels des médecins par rapport aux besoins en santé de la société.

Comme je l’ai déjà mentionné, il s’agit d’un enjeu complexe. La collaboration et les partenariats nous aideront à trouver des réponses – ensemble, nous pourrons surmonter l’impossible. Nous remercions la Dre Moineau d’avoir soulevé les défis que doivent surmonter les étudiants en médecine. Le Collège royal envisage avec enthousiasme de collaborer avec ses partenaires de la formation médicale prédoctorale afin de trouver des solutions.

Andrew Padmos, BA, MD, FRCPC, FACP
Directeur général