Au dessus: Les participants au IMELF 2017 à Québec (Qué.) représentaient 19 pays

 

Chers collègues,

Nous nous sentons privilégiés de pouvoir aider nos partenaires mondiaux du domaine de la formation médicale en partageant nos connaissances, notre expérience, nos pratiques exemplaires et nos normes.

Au fil des ans, les activités du Collège royal à l’étranger ont suscité beaucoup de soutien et d’enthousiasme, mais aussi de fausses perceptions. J’ai répondu personnellement à chacune des demandes qui m’ont été adressées, mais je souhaite réaffirmer ma position et profiter de ce message pour éclaircir certains malentendus entretenus par des Associés.

J’espère qu’avec ces précisions, vous éprouverez la même ferveur que moi à l’égard de ces activités.

Recevez mes sincères salutations.

Andrew Padmos, BA, MD, FRCPC, FACP
Directeur général


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Mythe 1 : Nos activités internationales sont entièrement financées par les cotisations des Associés

Cette croyance est enracinée depuis longtemps, mais elle ne reflète pas fidèlement la situation. Les activités de rayonnement international du Collège royal sont gérées par Collège royal International, une filiale à but non lucratif en propriété exclusive du Collège royal. Depuis que nous avons accentué notre présence sur la scène internationale, nous avons décidé d’adopter un modèle de recouvrement des coûts pour financer nos activités de consultation internationales et ainsi éviter d’utiliser les cotisations des membres. Compte tenu de la demande croissante de nos services, ce modèle s’est maintenant concrétisé. En fait, Collège royal International a remboursé tous ses prêts de démarrage et versera un léger excédent dans les réserves du Collège royal en 2017; selon nos prévisions, cette tendance se maintiendra dans un avenir prévisible. Nous envisageons aussi d’utiliser ces fonds pour accroître nos activités de développement international et de collaboration dans les pays à faible et moyen revenu.

Mythe 2 : La sélection de nos partenaires internationaux est biaisée.

Nos activités internationales comportent deux volets : les services de consultation internationaux (p. ex., en Chine, en Amérique latine et au Moyen-Orient) et les activités de collaboration et de développement à l’échelle internationale (p. ex., en Haïti, au Népal, au Sénégal, etc.). Jusqu’à présent, la plupart de nos partenaires ont fait appel à notre expertise parce qu’ils ont été exposés au système canadien de formation médicale postdoctorale. Nous avons toujours évalué les occasions qui s’offrent à nous en fonction de critères qui confirment que les objectifs de nos partenaires potentiels respectent les valeurs de notre organisation et du Canada, et s’inscrivent dans notre mandat éducatif. En fait, nous formalisons les « critères de mobilisation » qui orienteront nos futurs projets de consultation et de développement.

Je crois que les moutures régionales du Forum international des leaders en éducation médicale (IMELF) présentées durant les prochaines années permettront non seulement de faciliter les échanges au sein des régions et d’une région à l’autre, mais aussi de favoriser les collaborations. Des forums sont prévus l’an prochain au Koweït, en Australie, en Afrique du Sud, en Suède, en Chine et au Mexique.

Mythe 3 : Nous fermons les yeux sur les abus commis à l’encontre des droits de l’homme dans les pays partenaires et nous négligeons les enjeux nationaux.

Les gens éprouvent un malaise à l’égard des pays où nous œuvrons, notamment l’Arabie saoudite et la Chine. J’ai aussi entendu dire que nous accordons la priorité aux solutions internationales plutôt qu’aux solutions nationales (particulièrement en ce qui concerne les Autochtones et les inégalités de la santé auxquelles ils sont confrontés). J’aimerais aborder ces deux sujets, à commencer par nos partenaires internationaux.

Le Canada permet depuis longtemps la libre circulation du savoir et des individus — notamment les diplômés en médecine et les médecins. Selon des données publiées en 2015 par l’Institut canadien d’information sur la santé, on dénombre quelque 82 000 médecins au Canada, dont 26 % sont des diplômés internationaux en médecine. Bon nombre d’entre vous savez que j’ai moi aussi profité de la mobilité internationale. J’ai vécu à Riyad avec ma famille et j’ai pratiqué l’hématologie au King Faisal Specialist Hospital and Research Centre pendant 15 ans (1978 à 1993). Il s’agit là d’une réalité que nous devons reconnaître et accepter. Il est impensable de fermer nos frontières et de nous isoler; personne n’en profite à long terme.

Certains membres croient que nous ne devrions pas travailler dans les pays où les droits de l’homme sont compromis. J’aimerais leur répondre ceci : songez à l’influence positive de nos Associés canadiens qui côtoient les enseignants et les patients de ces pays.

Prenons par exemple l’Arabie saoudite.

Au moins 4000 médecins saoudiens privilégient le Canada pour leurs programmes de résidence depuis 40 ans. Ces médecins rentrent chez eux avec leur famille, prêts à partager leurs idées et leurs expériences. Ces mêmes personnes font appel à nous pour améliorer les normes de formation et intégrer les leçons apprises au Canada dans leurs institutions.

Nous comptons plus de 300 membres actifs en Arabie saoudite. C’est là que nous avons lancé nos activités internationales, après y avoir été invités; nous nous sommes ensuite rendus en Chine et en Amérique du Sud, et nous comptons élargir notre portée au cours des prochaines années.

Je ne crois pas que la qualité des soins doit dépendre du lieu où l’on vit. Partout dans le monde, il est question de diplomatie éducative : un concept selon lequel l’éducation est un droit qui facilite l’atteinte d’autres besoins fondamentaux, sans oublier qu’elle entraîne un changement positif et des innovations. Bon nombre de personnes considèrent l’éducation et la santé comme des droits fondamentaux. C’est dans cet esprit que nous devons jouer un rôle de catalyseur : nous devons partager notre façon de faire avec les institutions de l’étranger afin qu’elles puissent adapter leurs programmes de formation aux besoins de leur population, comme nous partagerions une nouvelle technique chirurgicale, une technique d’intervention médicale ou un traitement. Les patients en tirent profit de façon exponentielle. Aussi, nous apprenons beaucoup de nos partenaires internationaux; nous tirons des leçons et nous profitons de ces échanges.

Après tout, les gens nous tiennent à cœur. La formation nous tient à cœur. Le renforcement des capacités nous tient à cœur. Les soins nous tiennent à cœur.

Selon moi, ceux qui se demandent pourquoi nous œuvrons à l’étranger alors que nous avons nos propres enjeux ici ont une vision simpliste. Nous ne choisissons pas une cause plutôt qu’une autre. Je crois sincèrement à la valeur de nos activités à l’étranger, et j’accorde tout autant d’importance aux soins de santé et à la formation au Canada; il s’agit là d’une préoccupation quotidienne pour le Collège royal.

Nous avons annoncé récemment que la santé des Autochtones sera intégrée au titre du contenu obligatoire de la formation médicale postdoctorale afin d’aider à promouvoir la sécurisation culturelle et le respect des valeurs autochtones dans la prestation des soins de santé. Nous attribuons le Prix Dr Thomas Dignan en santé des Autochtones pour promouvoir de telles activités. Aussi, nous travaillons sans relâche afin de recueillir des données sur les ressources humaines de la santé, rédiger notre étude sur l’emploi des spécialistes et mener d’autres projets connexes qui nous permettent de déterminer les besoins et les manques, et d’influencer les discussions pour améliorer l’accès aux soins essentiels en milieu urbain, rural ou éloigné. Nous poursuivons tous nos travaux en ce sens et je suis touché par les innombrables partenaires et collaborateurs qui nous épaulent.

En somme, notre présence à l’étranger est complémentaire à nos initiatives nationales. Elle contribue aux activités que nous menons ici, et ce, de nombreuses façons.