Chers collègues,

Pour moi, chaque journée au Collège royal est très stimulante et captivante. Si je devais préciser les motifs exacts qui m’ont incité à y travailler, je dirais que j’étais secrètement curieux de connaître le rôle que pourrait jouer le Collège royal dans les soins de santé en général. La persévérance des recruteurs qui cherchaient à doter le poste de directeur général a d’autant plus piqué ma curiosité puis, avant même que je m’en rende compte, je quittais Halifax avec ma famille pour m’établir à Ottawa.

Mon meilleur souvenir des 10 dernières années ne se limite pas à une seule chose mais plutôt à une série de transformations. Durant ces années, le Collège royal a connu des changements importants, enregistré une croissance et professionnalisé certains processus avec l’aide précieuse de ses bénévoles et ses employés dévoués. Le Collège royal s’est aussi associé à d’autres organisations médicales, agences et institutions, ici et partout dans le monde, dans le cadre de projets d’envergure.

Je suis maintenant plus conscient des complexités du milieu pédagogique où nous évoluons. J’en suis plutôt impressionné (et parfois même affolé!) mais je suis aussi convaincu, plus que jamais, de l’importance du rôle du Collège royal et de ses partenaires (organisations, écoles de médecine, hôpitaux et régies de la santé). Le système est complexe, certes, mais les Associés et les Canadiens peuvent être fiers de l’engagement que témoigne le Collège royal à l’égard de l’excellence, des services aux patients, de la recherche et de l’érudition, de l’enseignement et de l’apprentissage à vie.

Sur la scène mondiale, nous avons beau être une petite organisation au sein d’un petit pays, nous faisons preuve d’un leadership efficace grâce à notre solide expertise et à nos bénévoles hors pair. Le fait que le Collège royal soit reconnu en tant que partenaire de choix est extrêmement satisfaisant. Le fait d’être reconnu à titre personnel en tant que représentant ou dirigeant du Collège royal me touche profondément.

Plus de 40 ans se sont écoulés depuis que j’ai réussi mes examens et le titre d’Associé demeure pour moi synonyme de qualité, de service, de compassion et de collaboration – des caractéristiques que l’on retrouve dans le référentiel CanMEDS. Pourquoi ne profiterions-nous pas de la collégialité, des affiliations et du réseau d’expertise offerts par le Collège royal? Ma propre affiliation m’a permis de faire ce qui me tient à cœur, et j’espère l’avoir bien fait : diriger une organisation formidable avec le soutien d’employés remarquables et de quelque 4000 bénévoles qui travaillent pour le compte du Collège royal et des patients.

Je vous remercie pour votre engagement et votre soutien des 10 dernières années.

– Andrew

 


 

2006-2016 : Réflexions sur cinq domaines d’activité

J’ai passé en revue mes années en fonction, et j’ai brièvement commenté les domaines où, selon moi, le Collège royal a vraiment évolué.

  • Sensibilisation des membres : Nous avons tenté, et nous tentons toujours, d’accroître et d’améliorer les programmes ayant pour but de vous mobiliser et de vous aider (les Associés). Nous voulons que le Collège royal soit pertinent, tant dans vos activités quotidiennes que votre travail, et nous souhaitons améliorer le statut professionnel à long terme que vous méritez de plein droit au sein de votre communauté de pratique. Je sais que la plupart des Associés et membres ont de nombreuses affiliations, mais j’ai toujours cru que l’adhésion au Collège royal était une solide qualification. Elle confirme la qualité supérieure de la formation et de la certification de nos spécialistes membres.
  • La compétence par conception : Dans le cadre de mes fonctions à titre de directeur général, le Collège royal a professionnalisé de nombreux services, comme l’évaluation des titres, les examens et l’agrément. Plus récemment, nous avons amorcé une transformation d’envergure que les organisations et les systèmes similaires au nôtre n’entreprennent que quelques générations à la fois. Cette transformation, que nous avons baptisée La compétence par conception, représente toute une innovation puisqu’elle est le fruit de la collaboration de nombreux représentants d’organismes membres. Cette initiative vient tout juste d’être mise en œuvre et a suscité beaucoup d’intérêt et d’engagement. Elle revêt beaucoup d’importance pour l’avenir du système de santé, car de meilleures normes permettront de former de meilleurs médecins et d’offrir de meilleurs soins.
  • Rayonnement international : Nos activités internationales se démarquent selon moi, car nous avons fait preuve d’innovation dès le départ. Nous y accordons beaucoup de temps et d’importance puisqu’elles comportent beaucoup plus d’avantages que les Associés et les employés ne sauraient l’imaginer. Je crois que notre rayonnement et nos collaborations à l’étranger entraînent de nouvelles idées, une fraîche énergie et des points de vue utiles pour le Collège royal et ses partenaires canadiens. Ce secteur d’activité est en pleine croissance.
  • Catégories de membres : Le Collège royal a été qualifié à juste titre d’organisation figée et très conservatrice dans son approche face au changement. Certains commentaires sont appropriés, car les normes élevées, une fois établies, n’ont pas à être changées radicalement à court terme. En revanche, certains processus doivent être revus et actualisés régulièrement. Nous avons beaucoup travaillé sur les critères d’admissibilité des Associés, car nous croyons qu’il est souvent préférable d’intégrer les gens, les aider à atteindre nos normes, puis les inciter à respecter ces normes au lieu de leur imposer des contraintes qui les éloignent de l’organisation. Je crois que nos activités, particulièrement dans le domaine de l’évaluation par la pratique des médecins formés à l’étranger et qui pratiquent déjà la médecine spécialisée au Canada, se sont avérées très importantes, opportunes et utiles.
  • Équilibre spécialisation-généralisme : Des tensions constantes opposent le généralisme et la spécialisation mais, en fait, les deux sont nécessaires. Chaque système médical moderne doit pouvoir compter sur une expertise hautement qualifiée, étroitement ciblée et concentrée dans certains domaines. Mais le Collège royal a déjà établi que la surspécialisation excessive a ses limites, en partie parce que cette pratique a tendance à retirer des médecins du système de garde et à exercer de plus en plus de pressions sur ceux, de moins en moins nombreux, qui sont encore ouverts aux consultations et aux références générales. Pour réduire la probabilité que l’on ajoute des surspécialités tout en reconnaissant le besoin d’offrir une formation cohérente et d’établir des normes pancanadiennes en matière de formation, nous avons créé le programme de diplômes (domaines de compétence ciblée). Le programme de DCC (diplôme) reconnaît une formation spéciale et répond aux exigences en matière de normes nationales. Il permet aux professionnels de la santé de se concentrer sur un domaine de la spécialité ou surspécialité en particulier sans toutefois abandonner la pratique générale de cette dernière. Jusqu’à présent, nous sommes ravis du taux de participation et de l’intérêt suscité.

Recevez mes sincères salutations.

Andrew Padmos, BA, MD, FRCPC, FACP
Directeur général