Les soins palliatifs sont un facteur primordial à prendre en considération dans l’aide médicale à mourir

Chers collègues,

La décision de la Cour suprême du Canada qui a annulé la législation interdisant l’aide médicale à mourir (en fonction de certains critères) a alimenté le débat dans l’ensemble du pays sur ce que signifie une fin de vie sereine, et le droit des Canadiens à cet égard.

Il me semble impossible de parler d’aide médicale à mourir sans tenir compte d’autres aspects qui y sont rattachés, dont l’élaboration d’une stratégie nationale pour les aînés (souhaitée par l’Association médicale canadienne), les opioïdes et les stratégies de gestion de la douleur auprès de différentes populations (cancer, maladie chronique, etc.) et surtout, les services de soins palliatifs1.

Un rapport publié par la Société canadienne du cancer au début de 2016 a souligné les inégalités dans l’accès à des services de soins palliatifs ainsi que les grands écarts liés à ces soins partout au pays. Lors de la dernière campagne électorale, le chef du Parti libéral a promis d’injecter trois milliards de dollars sur quatre ans dans les soins à domicile. Le mois dernier, la ministre fédérale de la Santé, Jane Philpott, a réitéré l’engagement du gouvernement d’améliorer les soins palliatifs en collaboration avec les provinces dans le cadre d’un nouvel accord sur la santé. Les discussions se poursuivent.

Je crois fermement que l’amélioration, la prestation et le financement des services de soins palliatifs doivent entrer en jeu dans l’analyse des questions liées à l’aide médicale à mourir. Les patients et les familles ne devraient pas être forcés de choisir entre des douleurs et des souffrances intolérables ou une demande d’aide à mourir. Je crois que tous les patients devraient avoir accès à des soins palliatifs reposant sur une bonne pratique de la médecine palliative pour les aider à prendre des décisions et des mesures en fin de vie.

Je parle en toute connaissance de cause, ayant pu constater les effets d’une bonne pratique de la médecine palliative et les conséquences désastreuses de l’absence de ces soins.

Comme vous le savez, la plus grande partie de ma pratique professionnelle à temps plein en hématologie clinique a été consacrée aux soins aux patients souffrant de leucémie et d’autres tumeurs hématologiques dans le cadre d’un programme de greffe de cellules souches. Ces patients ont eu accès à des services de soins palliatifs et ont reçu les soins requis. Améliorer les soins palliatifs et les rendre plus accessibles font depuis toujours partie de mon engagement à l’égard des soins aux patients.  

Alors que le débat sur l’aide médicale à mourir se poursuit partout au pays, les soins palliatifs et le soutien connexe doivent aussi y occuper une place importante. Tous les Canadiens doivent avoir accès davantage – et plus tôt – à des services de soins palliatifs afin de prendre en charge les symptômes, d’aider les patients présentant des problèmes psychosociaux ou ayant besoin d’un soutien spirituel. Ces services sont des éléments importants de la qualité de vie et, lorsque la situation l’exige, d’une fin de vie sereine.

Cordialement,

Andrew Padmos, BA, MD, FRCPC, FACP
Directeur général

 


 

Les récentes activités du Collège royal dans le domaine des soins palliatifs comprennent des collaborations en matière d’éducation et de formation :

  • Programme conjoint de formation en médecine palliative : Des discussions sont en cours avec le Collège des médecins de famille du Canada au sujet de la poursuite du programme conjoint de formation d’un an en médecine palliative. Plusieurs centres de santé universitaires offrent ce programme depuis un certain nombre d’années. Même si la plupart des stagiaires proviennent de la médecine familiale, les Associés y voient une belle occasion d’en faire plus dans ce domaine important.
  • Surspécialité en médecine palliative : Un autre aspect à signaler est le développement récent d’une surspécialité en médecine palliative reconnue par le Collège royal. Nous avons hâte d’offrir cette surspécialité, qui offrira des possibilités de recherche et de leadership universitaire en soins palliatifs au Canada.
  • Programmes de MDC et de DPC : Nous évaluerons dans quelle mesure notre programme de Maintien du certificat (MDC) et nos activités de développement professionnel continu (DPC) appuient les domaines liés aux soins de fin de vie. Nous aimerions pouvoir ajouter d’autres modules dans notre programme de bioéthique afin de diriger les médecins spécialistes praticiens vers des ressources utiles dans le domaine de la médecine palliative et de l’aide médicale à mourir.

1Une stratégie nationale pour les aînés et des stratégies de gestion de la douleur (avec ou sans recours aux opioïdes) donnent lieu à des discussions et à des mesures de la part d’organisations médicales, y compris la nouvelle surspécialité du Collège royal en médecine de la douleur. Chacune de ces stratégies pourrait être un enjeu en soi. Le but de ce message sur les soins palliatifs ne saurait être de leur accorder une plus grande importance.