Chers collègues,

Les soins de santé évoluent à un rythme rapide au Canada. Au fil des ans, le Collège royal a participé aux débats publics sur des enjeux nationaux importants et nous tâchons de vous en informer au fur et à mesure.

Cependant, les défis auxquels notre système de santé est confronté et la diversité des demandes que nous recevons chaque année nous incitent à réfléchir plus sérieusement au rôle du Collège royal en matière de défense des intérêts.

Notre système de santé exige un leadership solide

Lorsqu’elle est bien exécutée, la défense des intérêts peut entraîner des changements opportuns et durables qui, en ce qui nous concerne, contribuent à améliorer le système de santé, les soins aux patients ainsi que la formation et la pratique en médecine spécialisée.

Cette tâche revêt de plus en plus d’importance. Au cours des dernières années, le Collège royal a fourni un leadership et une expertise en ce qui concerne des enjeux nationaux tels que l’emploi des médecins, la santé des Autochtones et le développement de la petite enfance au Canada.

Toutefois, on ne peut assurer une bonne défense des intérêts du jour au lendemain. Cette démarche de résolution de problèmes à long terme exige des efforts soutenus, une attention particulière à l’organisation, des recherches et une analyse approfondies et des ressources dévouées. La défense des intérêts peut prendre différentes formes, et les dirigeants du Collège royal doivent respecter la vision des Associés.

Comment pouvons-nous mieux défendre les intérêts pour améliorer le système de santé?

Compte tenu de ces réalités, nous avons entrepris une enquête exhaustive au début de 2015 afin de répondre à trois grandes questions en matière de défense des intérêts :

  1. Quels enjeux le Collège royal devrait-il défendre?
  2. Quelle image le Collège royal devrait-il véhiculer? Comment devrait-il se positionner?
  3. Comment le Collège royal devrait-il procéder?

Selon les statuts du Collège royal, l’organisation est tenue de « contribuer à la formulation de politiques de santé efficaces ». Notre mandat légal nous oblige à « encourager, soutenir et promouvoir l’étude des aspects quantitatifs et qualitatifs des soins de santé spécialisés au Canada ». Le référentiel CanMEDS demande aussi aux médecins d’agir en tant que promoteurs de la santé. Les bases sont donc là.

Nous avons également examiné la législation qui se rapporte à notre rôle de défense des intérêts. Les règles varient selon la province ou le territoire, et les gouvernements définissent le lobbying selon des termes stricts. Par exemple, le gouvernement fédéral interprète le lobbying comme une activité exercée par un organisme au sein duquel une personne ou un groupe consacre plus de 20 pour cent de son temps à communiquer avec des élus ou des fonctionnaires.

Afin d’avoir un autre point de vue, nous avons consulté trois organismes homologues, 50 membres des comités consultatifs régionaux et 14 associations nationales de spécialistes. Ils appuient tous nos rôles de défenseur des intérêts et de leader, et ils nous ont conseillé de nous concentrer surtout sur les enjeux pancanadiens. En règle générale, ils ont demandé au Collège royal d’adopter la position d’« expert » au lieu d’« activiste » dans la défense des intérêts.

Votre point de vue sur notre rôle de défense des intérêts

Enfin, nous avons lancé un sondage en ligne et nous avons demandé à plus de 2400 Associés de se prononcer au sujet des enjeux que devrait défendre le Collège royal, de l’image qu’il devrait véhiculer dans son rôle de défense des intérêts et la façon dont le Collège royal devrait agir pour défendre les intérêts.

Heureusement, les messages des Associés cadraient avec l’opinion du Conseil ainsi qu’avec les commentaires recueillis auprès des CCR et des ANS. Voici donc les commentaires recueillis sur l’image que le Collège royal devrait véhiculer dans son rôle de défense des intérêts :

Nombre et pourcentage d’Associés choisissant un type d’image le Collège royal devrait-il véhiculer dans son rôle de défense des intérêts

Parallèllement, les Associés ont insisté sur le fait que le Collège royal doit protéger sa réputation en tant qu’organisme qui s’appuie sur des données probantes. Plus de 70 pour cent des répondants étaient d’avis que la défense des intérêts doit consacrer beaucoup d’efforts au développement de données et de preuves qui alimenteront les politiques publiques. Plus de 60 pour cent ont affirmé que nous devrions déployer davantage d’efforts pour défendre des intérêts auprès des gouvernements fédéral-provinciaux-territoriaux, et que nous devrions exercer notre influence en ce qui a trait aux politiques et aux décisions des gouvernements.

Préciser la vision

À sa réunion des 18 et 19 juin derniers, le Conseil a fait fond sur les commentaires des Associés pour affirmer le rôle d’expert en connaissances et de leader d’opinion du Collège royal. Il a également été question du type d’enjeux généralement liés à la défense des intérêts, soit faire passer l’intérêt public en premier et promouvoir des soins de santé de qualité.

Le Conseil, à sa prochaine réunion d’octobre 2015, approuvera le guide sur la défense des intérêts et s’engagera à tenir les Associés au courant des activités dans le domaine.

D’ici là, je serais ravi de connaître votre opinion sur nos activités et nos orientations futures.

Cordialement,

Andrew Padmos, BA, MD, FRCPC, FACP
Directeur général