Chers collègues,

Compte tenu de la hausse des coûts de santé et de la complexité croissante de la prestation des soins, il est clair que dans notre système actuel, l’aspect prévention doit occuper une place aussi importante que le traitement des maladies. Le Collège royal lance donc un appel afin d’intervenir en faveur du développement de la petite enfance et j’espère que vous vous joindrez à nous.

Nous célébrons aujourd’hui la Journée nationale de l’enfant, au Canada et dans le monde entier. Avec nos partenaires, nous avons formulé 15 recommandations afin d’améliorer la santé et le bien-être des enfants canadiens, parmi lesquelles figurent une augmentation du financement public et un soutien accru pour les parents.

Le Canada ne peut pas se permettre d’accuser un retard dans ce domaine

En tant que médecins, nous savons que des étapes essentielles du développement physique et cognitif surviennent entre la naissance et l’âge de six ans.

Selon des recherches, 90 pour cent du cerveau est développé d’ici l’âge de cinq ans. Il est également établi que des événements survenus en période prénatale et durant la petite enfance sont à l’origine de nombreuses maladies chroniques. Les enfants qui vivent des événements néfastes, comme la maltraitance, la négligence, la pauvreté, la violence entre conjoints, la toxicomanie des parents et les facteurs de stress liés au milieu de vie, risquent davantage d’être aux prises avec des problèmes de santé à l’âge adulte.

Le Canada accuse un retard par rapport à d’autres pays bien nantis en matière d’apprentissage en bas âge et de développement de la petite enfance, et ceci pourrait nous coûter très cher plus tard. Notre pays consacre 0,6 pour cent de son PIB à l’apprentissage et aux soins durant la petite enfance, ce qui le place loin derrière la France, la Suède et la plupart des autres pays membres de l’OCDE. Ce pourcentage est bien inférieur au niveau recommandé par l’OCDE (un pour cent).

Le Canada peut et doit être un chef de file mondial du soutien au développement sain des enfants en bas âge.

15 recommandations en faveur du changement

Les facteurs qui influencent et façonnent le développement de la petite enfance sont vraiment complexes et font intervenir de nombreux secteurs de compétence et différents ordres de gouvernement et professionnels de la santé partout au Canada.

Nous avons formulé 15 recommandations afin de proposer des mesures aux gouvernements et aux médecins pour améliorer la santé et le bien-être des enfants en bas âge, p. ex., que le gouvernement fédéral s’engage à augmenter le financement consacré au développement de la petite enfance, jusqu’à un pour cent du PIB, pour que le Canada soit comparable à d’autres pays membres de l’OCDE.

Consultables en ligne, les 15 recommandations ont été rédigées en collaboration avec des représentants et des experts en la matière du Collège des médecins de famille du Canada, de l’Association médicale canadienne, de la Société canadienne de pédiatrie, de l’Association canadienne des centres de santé pédiatriques, et d’autres associations et partenaires universitaires.

Recommandations s’adressant aux médecins

Les médecins, quelle que soit la spécialité exercée, peuvent aussi contribuer.

La science du développement biologique et précoce du cerveau évolue rapidement et de manière continue. Nous devons veiller à ce que les médecins en exercice et en formation aient accès à l’information la plus récente dans ce domaine. Dans toutes les disciplines, les praticiens ont de nombreuses occasions de sensibiliser les patients à l’importance des interventions en bas âge.

C’est pourquoi nous proposons notamment :

  • Que la formation médicale continue sur le développement biologique et précoce du cerveau et l’apprentissage en bas âge soit offerte à tous les professionnels de la santé, particulièrement ceux qui dispensent des soins primaires, sans toutefois s’y limiter;
  • Que des ressources complètes soient élaborées afin que les fournisseurs de soins primaires puissent déterminer le soutien et les services communautaires qui permettront aux futurs parents, aux parents et aux enfants d’être référés.

Le Collège royal et ses partenaires d’un groupe de travail élaborent des modules éducatifs auxquels les Associés devraient avoir accès en 2015. Vous trouverez à la fin de ce message certaines ressources recommandées par le groupe de travail.

Amorçons une conversation nationale sur le soutien au développement de la petite enfance

Nous lançons un appel à l’action. Associés, vous pouvez contribuer à sensibiliser les Canadiens à cette question et à inviter vos représentants de gouvernement à agir.

Nous n’avons pas réponse à tout; nous espérons continuer de peaufiner nos recommandations et augmenter nos activités de sensibilisation dans les mois à venir.

La vision de notre organisation est « La santé à son meilleur et des soins optimaux pour tous »; les répercussions du développement sain des enfants en bas âge se font sentir toute leur vie.

Nous avons aussi besoin de votre soutien. Comment le Collège royal peut-il mobiliser l’attention et inciter à agir? Comment pouvons-nous aider les Associés à sensibiliser leurs représentants fédéraux et locaux?

J’attends de vos nouvelles avec impatience!

Recevez mes sincères salutations.

Andrew Padmos, MD, FRCPC, FACP
Directeur général


 

Ressources recommandées par le groupe de travail