Chers collègues,

Depuis 1929, le Collège royal établit et maintient les normes les plus élevées en formation médicale spécialisée et en pratique professionnelle. Il doit donc continuer de créer des programmes et des politiques pour que tous les spécialistes et surspécialistes exerçant au Canada puissent être évalués en fonction d’une norme commune de compétence.

Au cours de la dernière décennie, divers facteurs ont amené les provinces à recourir de plus en plus à d’autres moyens pour combler leurs besoins d’effectifs médicaux spécialisés, y compris des médecins formés à l’étranger. Quelque 1500 spécialistes et surspécialistes « non certifiés par le Collège royal », titulaires d’un permis d’exercice attribué par des ordres des médecins provinciaux, travaillent actuellement au Canada.

Compte tenu de cette situation, nous devons faire valoir l’importance de notre rôle dans la définition d’une norme nationale d’expertise médicale et démontrer notre leadership en faisant preuve d’une plus grande capacité d’adaptation et d’innovation. Nous misons sur une approche stratégique en trois volets :

  • Combler l’écart entre l’absence d’évaluation de la part du Collège royal pour les spécialistes et surspécialistes non certifiés en exercice et l’examen standard traditionnel du Collège royal en créant des programmes à cette fin;
  • Collaborer avec les ordres des médecins pour s’assurer qu’ils connaissent les mécanismes d’évaluation approuvés par le Collège royal, fondés sur une norme nationale;
  • Accroître activement la sensibilisation à l’importance du titre d’Associé du Collège royal et à la signification des titres FRCPC et FRCSC.

Combler l’écart en matière d’évaluation et assumer notre responsabilité professionnelle

Approuvée par le Conseil du Collège royal en février 2010, la Route d’évaluation par la pratique (REP) menant au certificat cible les médecins formés à l’étranger qui détiennent un permis et exercent en tant que spécialistes au Canada, mais qui ne sont pas certifiés par le Collège royal. La REP offre deux voies d’égale rigueur pour examiner les compétences des candidats dans les spécialités primaires :

  • Route A – l’examen de certification traditionnel du Collège royal;
  • Route B – une évaluation approfondie (voire un examen) fondée sur la pratique qui englobe les champs de pratique déclarés par les candidats et les compétences génériques de la spécialité visée.

La Route A est maintenant accessible pour toutes les spécialités, et 15 spécialités préparent actuellement les documents sur leurs champs de pratique.

J’aimerais remercier les membres du Comité de spécialité en psychiatrie qui, avec le Collège royal, procèdent à un essai pilote de l’examen de la Route B qui sera mis en œuvre en 2014. Sous la gouverne de leur président, le Dr Paul Dagg, FRCPC, ils ont consacré temps et expertise pour créer une ébauche d’examen fondé sur la pratique et d’évaluation de la pratique.

Ceux qui doutent de la rigueur de l’approche d’évaluation par l’entremise de la Route B seront peut-être intéressés d’entendre notre collègue en psychiatrie relater son expérience.

« Nous avons réalisé des progrès en ce qui a trait à la Route B de la REP et nous prévoyons mener un projet pilote au début de 2015. Nous croyons avoir créé un processus d’évaluation étoffé et rigoureux qui s’applique davantage aux psychiatres à mi-chemin dans leur carrière. Il est axé non seulement sur leurs connaissances, mais aussi sur les compétences importantes qu’il est difficile de mesurer dans les examens traditionnels après la résidence. Ce qui importe, c’est de savoir que les personnes possèdent les compétences requises pour exercer la psychiatrie, c’est pourquoi notre processus comprend une rétroaction multisources détaillée et normalisée ainsi que divers outils d’évaluation immédiate, dont des ECOS, des vérifications de dossiers, des discussions de cas et une séance de consultation observée. » Dr Paul Dagg, président du comité de spécialité en psychiatrie.

Le 21 février 2014, le Conseil du Collège royal a aussi approuvé un nouveau programme qui réduira encore plus cet écart en matière d’évaluation qui existe pour les surspécialistes non certifiés par le Collège royal exerçant au Canada.

Annonce du nouveau Programme d’examen et d’affiliation pour les surspécialistes

Le Programme d’examen et d’affiliation des surspécialistes visera deux groupes :

  1. Les médecins formés à l’étranger titulaires d’un permis et exerçant déjà au Canada à titre de surspécialistes, mais n’ayant pas accès à la certification du Collège royal dans une spécialité primaire.
  2. Les médecins formés à l’étranger inscrits auprès d’un bureau postdoctoral à un programme agréé de formation dans une surspécialité reconnue par le Collège royal, et qui ne peuvent satisfaire au prérequis d’obtention du certificat dans cette surspécialité (soit la certification du Collège royal dans une spécialité primaire), en vertu de leur formation dans une spécialité primaire effectuée à l’étranger (autrement dit en dehors du Canada et des États-Unis).

Les candidats qui réussissent l’examen recevront une attestation du Collège royal confirmant leur réussite et ils auront la possibilité de devenir des surspécialistes affiliés du Collège royal. Ils ne pourront pas utiliser le titre professionnel d’Associé.

Le nouveau programme ne s’adresse pas aux individus qui suivent leur formation dans un programme de spécialité canadien.

Mise en œuvre graduelle et projet pilote ciblé

Nous mettrons à l’essai le nouveau programme auprès d’un nombre restreint de surspécialités du deuxième groupe (les médecins formés à l’étranger actuellement inscrits auprès d’un bureau postdoctoral à un programme agréé de formation dans une surspécialité reconnue par le Collège royal) à l’automne 2015, puis nous évaluerons les résultats du projet pilote avant d’élargir le programme et de l’offrir à d’autres surspécialités en 2016. Les surspécialités suivantes ont accepté de participer au projet pilote de 2015 :

  • Médecine néonatale et périnatale
  • Médecine d’urgence pédiatrique
  • Médecine maternelle et fœtale
  • Neuroradiologie
  • Néphrologie

En outre, nous avons constitué un groupe de travail chargé d’évaluer les besoins des médecins formés à l’étranger, qui sont déjà titulaires d’un permis et qui exercent actuellement au Canada sans détenir un certificat du Collège royal (premier groupe). Cliquez ici pour en savoir plus sur le nouveau programme.

Leadership, innovation et sensibilisation

Au fil des ans, nous assistons à une évolution accélérée du système de soins de santé au pays. Même si nous n’exerçons aucun contrôle sur certains facteurs, nous avons la responsabilité professionnelle de tenir compte du nombre croissant de médecins spécialisés et surspécialistes non certifiés par le Collège royal, titulaires d’un permis et exerçant au Canada.

Pour les spécialistes et surspécialistes qui ne sont pas certifiés par le Collège royal et qui exercent déjà au Canada, la Route d’évaluation par la pratique et le Programme d’examen et d’affiliation pour les surspécialistes offrent des mécanismes approuvés qui permettront de combler cet écart en matière d’évaluation.

Nous croyons que ces programmes et que notre campagne en ligne sur la valeur du titre d’Associé font clairement valoir à nos membres et au public que le titre d’Associé du Collège royal est un gage de conformité à la norme nationale en matière d’expertise médicale spécialisée.

Au plaisir de recevoir vos commentaires et de mieux connaître votre position à cet égard.

Recevez mes salutations distinguées.
Andrew Padmos, MD, FRCPC, FACP
Directeur général