Chers collègues,

Aujourd’hui, le Comité directeur national sur les heures de travail des résidents a publié le premier rapport exhaustif, collaboratif et fondé sur des données probantes à être réalisé au Canada sur le vif débat qu’engendre l’état de fatigue et les longues heures de travail de quelque 12 000 médecins résidents canadiens. Financé en partie par Santé Canada et constitué du Collège royal et de huit autres organisations de soins de santé de même que d’experts de partout au pays, ce premier effort pancanadien visait un consensus sur le très important enjeu de santé et de sécurité que constituent les heures de travail des résidents.

Le rapport fait ressortir une série de principes et de recommandations pour guider l’ensemble des autorités et territoires compétents de sorte que les résidents soient en bonne santé et aptes à prodiguer des soins de santé de la meilleure qualité envisageable. Ces résultats appuieront également de nouvelles initiatives qui aideront notre système à contribuer davantage à la santé et au bien-être des médecins praticiens.

À la recherche de solutions pancanadiennes à un débat international

La question de la réduction des heures de travail des résidents ne date pas d’hier, mais elle suscite un débat de plus en plus intense dans le monde entier. Les pays de l’Union européenne ont établi des normes se situant entre 40 et 52,5 heures de travail par semaine alors qu’aux États-Unis, l’Accreditation Council for Graduate Medical Education a fixé le nombre maximal d’heures de travail à 80 heures par semaine. Au Canada, plusieurs autorités et territoires compétents ont adopté différentes approches, mais il n’existe aucune norme pancanadienne.

Le comité directeur national a été mis sur pied en 2012 dans le but d’élaborer un consensus pancanadien sur la voie à suivre. Il a été formé moins d’un an après qu’un arbitre au Québec eut indiqué, en juin 2011, que les quarts de travail (gardes) de 24 heures mettent en danger la santé des résidents (et contreviennent par conséquent à la Charte canadienne des droits et libertés) et que les gardes ne peuvent dépasser 16 heures. Ce jugement rendu au Québec est venu s’ajouter à des arguments solides pour la recherche d’un consensus, justifiant ainsi le fait que les intervenants se réunissent et mènent une analyse complète des enjeux et des répercussions au Canada.

Principales conclusions des recherches : Les heures de travail constituent un enjeu complexe qui se répercute sur la santé des résidents

Dans le cadre de ce projet, le comité directeur national a examiné les données accessibles sur les répercussions des heures de travail des résidents et de la réglementation qui s’y rapporte. Parmi les principales constatations et recommandations à cet égard figurent les suivantes :

  • Le paysage canadien est unique en ce qui a trait à la réglementation en matière d’heures de travail des résidents.
  • Les périodes de travail traditionnelles peuvent comporter des risques pour la santé physique, mentale et professionnelle des résidents.
  • Les efforts visant à améliorer la formation, la sécurité des patients et l’état de fatigue des résidents devront être exhaustifs et comprendre plus que la réglementation des heures de travail des résidents.
  • Il semble que la réglementation des heures de travail des résidents ait donné lieu à une sous-optimisation des soins aux patients et des résultats pédagogiques dans les disciplines chirurgicales.
  • Les gardes de 24 heures consécutives ou plus sans sommeil réparateur devraient être évitées.

Jusqu’à présent, aucune preuve n’a permis de conclure que les médecins fatigués sont plus susceptibles de négliger l’aspect sécurité, ni que la réduction des heures de travail pourrait à elle seule améliorer la sécurité des patients. Pour consulter les recherches et les preuves appuyant ces décisions, veuillez lire le rapport final intégral.

La voie à suivre : une meilleure gestion de la fatigue plutôt qu’une approche universelle

Les besoins en formation des résidents varient considérablement d’un bout à l’autre du pays, et ce, selon la discipline, les stages, les lieux de formation et les niveaux de formation. L’optimisation de la formation des résidents et des soins aux patients nécessite la prise en considération d’un certain nombre de facteurs uniques à chaque stage. Cela dit, le rapport final ne recommande l’adoption d’aucune approche universelle en ce qui a trait au nombre d’heures de travail des médecins et chirurgiens canadiens durant leur résidence.

Le rapport met plutôt de l’avant une série détaillée de recommandations sur des changements systémiques visant à résoudre les enjeux liés aux heures de travail des résidents au Canada, de même que ceux qui en subissent les répercussions. De plus, il précise que les quarts de travail de 24 heures consécutives ou plus sans sommeil réparateur devraient être évités et dictés uniquement dans des cas exceptionnels et rares.

Parmi ses recommandations, le rapport presse notamment toutes les autorités et territoires compétents dans le domaine des soins de santé d’élaborer des stratégies globales afin de réduire la fatigue et les risques liés à la fatigue durant la résidence. On y propose aussi la modification des normes d’agrément, l’utilisation accrue de la simulation et de nouveaux projets pilotes. Je vous invite donc à lire les recommandations, la méthodologie, les références et les conclusions des recherches.

Nous pourrons ainsi procéder à un examen factuel des heures de travail des résidents

Il va sans dire que l’effet de la fatigue sur la santé se fait également sentir chez les Associés qui, pour la plupart, ont des horaires de travail très chargés. C’est pourquoi nous nous sommes aussi associés au Groupe de travail sur les heures des résidents de l’AMC qui tentera de trouver la meilleure façon d’améliorer la santé et le bien-être des médecins dans la pratique tout en veillant à ce que les patients reçoivent des soins de la meilleure qualité possible.

J’aimerais que vous me fassiez part de vos réflexions au sujet de ce rapport et des moyens envisageables, en tant qu’organisme et système de santé, pour contribuer davantage à votre santé et votre bien-être.

Recevez mes sincères salutations.

Andrew Padmos, BA, MD, FRCPC, FACP
Directeur général