Chers collègues,

L’incapacité de certains médecins et chirurgiens hautement spécialisés à trouver un emploi après la certification en raison de l’inefficacité de la planification des effectifs médicaux préoccupe beaucoup le Collège royal. Je tiens à vous informer des travaux que nous menons, au nom des Associés et de tous les Canadiens, afin de défendre leurs intérêts compte tenu de cette situation très difficile.

Laissez-moi situer le contexte. À notre connaissance, le chômage des spécialistes a été mentionné pour la première fois en 2010 dans des documents de recherche dans certains domaines : chirurgie cardiaque, neurochirurgie et chirurgie orthopédique. Depuis, des médecins dans de nombreuses autres spécialités nous ont fait part de leur incapacité à exercer au terme de longs et exténuants programmes d’études.

Entre-temps, le débat sur le chômage des spécialistes a donné à tort l’impression que le système de santé est quelque peu alourdi par un « excédent » de médecins. Il est clair que cette perception et la réalité des longs délais d’attente pour les chirurgies et les rendez-vous sont diamétralement opposées. Comment les deux peuvent-elles être vraies? Afin de répondre à cette question et à bien d’autres, le Collège royal a pris les rênes pour mieux comprendre la complexité du chômage des spécialistes, cherchant des réponses et déployant sur plusieurs fronts des ressources humaines en recherche et défense des intérêts en santé.

Enquête du Collège royal sur l’emploi des spécialistes
Nous avons commencé en avril 2011 à recueillir des données dans le cadre d’une enquête exhaustive pour trouver les causes du chômage des spécialistes et dissiper certains malentendus. L’enquête porte sur les répercussions du chômage des spécialistes sur les patients, le système de santé et les médecins. Elle examine en profondeur des variables complexes tels les changements économiques, l’infrastructure hospitalière, les nouvelles réalités démographiques et les champs de pratique, et leurs effets sur le chômage des spécialistes. Durant les travaux, nous avons mené 50 entrevues approfondies avec d’importants experts, dont des dirigeants d’associations nationales de spécialistes, des directeurs de programme, des présidents de comités de spécialité, des médecins praticiens, des directeurs d’hôpitaux, des médecins sans emploi, des résidents, des experts du système de la santé et d’autres intervenants. Après un an et demi de consultations, les travaux sont en voie d’être terminés. Nous publierons le rapport intégral au début de 2013.

Le Collège royal mènera par la suite une consultation finale auprès d’environ 80 médecins d’associations nationales de spécialistes. Nous sommes très conscients de la pertinence de ces travaux pour les Associés et tous les Canadiens. Nos discussions avec les associations de spécialistes nous assureront d’avoir bien cerné toutes les questions pertinentes et d’avoir en main des recommandations sur la meilleure façon d’aller de l’avant.

Au cœur du débat public
En attendant, nous continuons de participer au débat public sur cette question. Nous avons récemment pris part à une discussion en ligne organisée par le Toronto Star; certains participants ont voulu savoir pourquoi les spécialistes méritaient « une attention spéciale », alors que le chômage frappe tant d’autres professions.

Je ne suis pas d’accord avec la prémisse utilisée ici. Les intervenants du système de santé ont l’obligation, envers tous les Canadiens, de déterminer les causes profondes du chômage et du sous-emploi des spécialistes. Le Canada alloue des ressources considérables pour assurer leur formation; un système de soins de santé incapable de les utiliser de façon appropriée ne sert ni la population qu’il est censé représenter ni les médecins qu’il a contribué à former avec beaucoup de rigueur et à grands frais.

Un forum national sur le chômage des spécialistes
Une étape importante suivra, avec des intervenants du système de soins de santé, durant laquelle nous organiserons un forum national auquel seront conviés des résidents et chefs de file de l’éducation médicale et des soins de santé, dont plusieurs examinent également la question du chômage des spécialistes.

Quel résultat prévoyons-nous obtenir à la fin de nos activités de recherche et de défense des intérêts? À ce jour, il semble clair que l’absence d’une démarche pancanadienne pour la collecte et l’analyse des données sur les effectifs de la santé (et par conséquent le manque d’un mécanisme de planification de ces effectifs) a causé un gaspillage de ressources humaines et financières. Nous le savons. Il semblerait donc que nous devons encourager les autorités compétentes à veiller ensemble à ce que les médecins trouvent l’emploi qui leur convient. Nous sommes convaincus que notre rapport et notre forum national en 2013 mèneront à de nouvelles idées et à davantage de réponses.

Contribuez à nos recherches par votre témoignage
Notre enquête a révélé que plus de 14 pour cent des médecins et chirurgiens certifiés par le Collège royal en 2011 n’ont pas trouvé de poste ou d’emploi 4 à 12 semaines après s’être présentés à leurs examens. J’espère que les Associés et spécialistes certifiés pourront accroître nos connaissances en apportant leurs propres témoignages en matière de chômage ou de sous-emploi.

Je vous invite à inscrire vos commentaires ci-dessous et à partager vos expériences sur ce sujet. Quels obstacles particuliers avez-vous observés ou dû surmonter durant votre cheminement professionnel ou au travail? Quels effets cette situation a-t-elle sur vous, à titre de spécialiste? En apportant votre témoignage, vous aiderez à cerner de nouveaux enjeux et contribuerez à ce débat important.

Recevez mes sincères salutations.

Andrew Padmos, BA, MD, FRCPC, FACP
Directeur général

 


Directives pour soumettre vos commentaires